Le résumé de la réunion de la BdC montre que les banquiers centraux hésitent à réduire les taux trop tôt et doivent faire marche arrière

Les membres du conseil d’administration de la Banque du Canada craignent de réduire les taux d’intérêt trop tôt et de devoir faire marche arrière si l’inflation rebondit, selon un résumé des discussions qui ont eu lieu avant la décision de la banque centrale du 24 janvier sur les taux.

Il y a deux semaines, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, et ses cinq adjoints ont maintenu le taux directeur de la banque à 5 pour cent pour la quatrième fois consécutive. Ils ont déclaré qu’il était peu probable qu’ils augmentent encore les taux d’intérêt, mais ont maintenu qu’il était trop tôt pour commencer à parler de réductions.

Le résumé des délibérations, publié mercredi, montre que le groupe adopte une attitude prudente : assez confiant dans le fait que la politique monétaire contribue à maîtriser l’inflation, mais nerveux à l’idée de jeter l’éponge trop tôt.

« Même si les membres ne voulaient pas rendre les conditions économiques plus douloureuses que nécessaire, ils étaient particulièrement préoccupés par la persistance de l’inflation et ne voulaient pas baisser les taux d’intérêt prématurément, pour ensuite devoir les relever à nouveau pour ramener l’inflation au niveau de 2 pour cent. cible », indique le résumé.

Tiff Macklem, de la Banque du Canada, expose les limites de la politique monétaire et affirme que les taux d’intérêt ne résoudront pas l’abordabilité du logement

Le rythme annuel de l’inflation est tombé à 3,4 pour cent en décembre après avoir atteint un sommet de 8,1 pour cent au milieu de 2022, et la croissance économique au Canada est effectivement au point mort depuis l’été dernier. Les taux d’intérêt élevés visent à ralentir l’activité économique, afin de réduire les pressions sur les prix.

La baisse de l’inflation et la stagnation de l’économie ont suscité des spéculations selon lesquelles la Banque du Canada commencerait à assouplir sa politique monétaire au cours des prochains trimestres. Les marchés financiers évaluent à environ 70 % la probabilité que la première baisse des taux ait lieu en juin.

Le résumé des délibérations n’offre aucune indication sur le calendrier d’éventuelles réductions de taux, affirmant que « sur la base des informations disponibles, il était difficile de prévoir quand il serait approprié de commencer à réduire les taux d’intérêt ».

Il donne toutefois un aperçu de la manière dont les principaux banquiers centraux du Canada envisagent les différents facteurs d’inflation et de la manière dont différents risques pourraient affecter l’orientation de la politique monétaire.

« Les membres ont discuté du risque que la politique monétaire ait un impact plus important que prévu sur les dépenses de consommation, d’autant plus que la confiance des consommateurs est déjà faible », indique le résumé. « Dans ce scénario, la politique monétaire devrait probablement être assouplie plus tôt et plus rapidement que prévu. »

D’un autre côté, le groupe « a également vu un risque que l’inflation soit plus persistante que prévu » si les attentes d’inflation restent élevées, les salaires continuent d’augmenter rapidement et les coûts du logement ne se modèrent pas. « Dans ce scénario, la politique monétaire devrait rester restrictive plus longtemps. »

Fondamentalement, la banque souhaite voir une nouvelle baisse de ses mesures préférées de l’inflation sous-jacente, qui excluent les mouvements de prix les plus volatils. Ces mesures sont restées coincées dans une fourchette de 3,5 à 4 pour cent pendant la majeure partie de l’année dernière. La banque a déclaré qu’elle n’avait pas besoin que l’inflation revienne jusqu’à son objectif de 2 % avant de réduire les taux, mais qu’elle avait besoin de constater « une nette dynamique de baisse de l’inflation sous-jacente ».

Il examine également d’autres indicateurs susceptibles d’indiquer des pressions inflationnistes, notamment le comportement des entreprises en matière de fixation des prix, l’équilibre global entre l’offre et la demande dans l’économie et les convictions des citoyens concernant l’inflation future. Le résumé de la réunion indique que le conseil des gouverneurs constate des progrès sur les deux premiers points, mais moins sur le troisième : les anticipations d’inflation restent élevées, peut-être parce que les gens voient toujours les prix des denrées alimentaires et les coûts du logement augmenter rapidement.

Le dernier kilomètre de l’inflation jusqu’à l’objectif de 2 % de la Banque du Canada pourrait être un chemin long et sinueux

Deux domaines clés restent un casse-tête pour les banquiers centraux : la croissance des salaires et l’inflation du logement.

Sur une base annuelle, les salaires augmentent de 4 à 5 pour cent depuis plus d’un an. C’est un niveau que la banque ne considère pas compatible avec son objectif d’inflation de 2 pour cent à moins que les travailleurs ne deviennent plus productifs.

Dans le même temps, la hausse des coûts du logement reste le principal moteur de l’inflation globale de l’indice des prix à la consommation. Cela est dû à une hausse des coûts d’intérêt hypothécaires, liée aux hausses de taux passées. Cela est également dû à la hausse rapide des loyers, qui résulte davantage d’une forte croissance démographique couplée à un manque d’offre de logements locatifs.

Mardi, M. Macklem a prononcé un discours affirmant que la politique monétaire à elle seule ne résoudra pas les problèmes d’abordabilité du logement au Canada et que tous les niveaux de gouvernement doivent travailler ensemble pour stimuler l’offre de logements.

Le résumé souligne le risque qu’un rebond de l’immobilier ce printemps « puisse maintenir l’inflation de l’IPC sensiblement au-dessus de l’objectif, même si les pressions sur les prix dans d’autres secteurs de l’économie s’atténuent ».

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