L’économie canadienne a créé 37 000 emplois en janvier ; le taux de chômage est tombé à 5,7%

L’économie canadienne a commencé l’année avec une vague de nouveaux emplois, mais les détails sous-jacents étaient décidément mitigés, les embauches étant concentrées dans le secteur public et dans le travail à temps partiel.

L’emploi a augmenté de 37 000 en janvier et le taux de chômage a chuté à 5,7 pour cent, la première baisse en un peu plus d’un an, a annoncé vendredi Statistique Canada dans un rapport. Les analystes financiers s’attendaient à une augmentation de 15 000 emplois le mois dernier, après une timide progression en décembre.

Malgré cette augmentation, le taux d’emploi a chuté pendant quatre mois consécutifs, car la croissance de l’emploi est loin de compenser la poussée démographique. Au cours de l’année écoulée, l’emploi a augmenté de 345 000 personnes, tandis que la population âgée de 15 ans et plus a bondi d’un million.

Le taux de chômage a réussi à baisser en janvier parce qu’une plus faible proportion de personnes participaient au marché du travail.

Bien que le rapport de vendredi comporte des aspects négatifs, les analystes ont déclaré qu’il était peu probable que la Banque du Canada baisse ses taux d’intérêt avant juin, compte tenu de la hausse de l’emploi et de la forte croissance des salaires.

« Les données sur l’emploi suggèrent que la première baisse des taux de la Banque du Canada de ce cycle est désormais plus probable en juin qu’en avril », a déclaré Royce Mendes, chef de la stratégie macro chez Valeurs mobilières Desjardins, dans une note client. « Cela dit, les récentes annonces de licenciements dans de grandes entreprises de tous les secteurs au Canada suggèrent toujours que l’économie s’annonce semée d’embûches, alors que les effets passés des taux d’intérêt élevés continuent de peser sur l’activité. »

La totalité des créations d’emplois en janvier a concerné le secteur public et le travail à temps partiel, qui ont augmenté respectivement de 47 600 et 48 900 postes. Malgré ces emplois à temps partiel, le nombre d’heures travaillées dans l’ensemble de l’économie a augmenté de 0,6 pour cent au cours du mois.

Il y avait une forte divergence au niveau de l’industrie. L’emploi a augmenté de plus de 31 000 dans le commerce de gros et de détail, tandis qu’il a diminué d’environ 30 000 dans le secteur de l’hôtellerie. Le secteur de la finance, des assurances et de l’immobilier a connu un bon mois d’embauche, avec plus de 28 000 nouveaux emplois. Les services éducatifs ont ajouté 27 700 rôles supplémentaires.

Les salaires continuent de croître à des rythmes élevés. Le salaire horaire moyen a augmenté de 5,3 pour cent sur une base annuelle, en légère baisse par rapport au rythme de 5,4 pour cent enregistré en décembre. La Banque du Canada a signalé à plusieurs reprises la forte croissance des salaires comme un obstacle au retour de l’inflation vers son objectif de 2 pour cent.

Statistique Canada a noté dans le rapport de vendredi que la participation des jeunes femmes au marché du travail était tombée à son plus bas niveau depuis plus de 20 ans. L’agence a déclaré qu’il y avait une « forte tendance à la baisse » depuis février dernier, qui a vu le taux de participation refluer de 66,7 pour cent à 62,5 pour cent.

Les taux d’activité ont également diminué chez les jeunes hommes, mais pas dans la même mesure. Statistique Canada définit les jeunes comme les personnes âgées de 15 à 24 ans.

La baisse de la participation au marché du travail s’accompagne d’une hausse du chômage, « ce qui indique que les conditions du marché du travail pour les jeunes sont devenues plus difficiles au cours de la dernière année », a déclaré Statistique Canada.

Pendant ce temps, la population des 15 ans et plus a augmenté de près de 126 000 en janvier, soit la plus forte augmentation mensuelle enregistrée dans les données de l’Enquête sur la population active qui remonte à 1976. Cependant, les employeurs ne créent pas d’emplois à peu près au même rythme. En conséquence, le taux d’emploi est tombé à 61,6 pour cent, contre un récent sommet de 62,4 pour cent au début de l’année dernière.

Le marché du travail s’est affaibli ces derniers mois – mis en évidence par une diminution des postes vacants et une hausse du taux de chômage – à mesure que l’économie s’adapte au resserrement des conditions de prêt. Le taux d’intérêt de référence de la Banque du Canada se situe à 5 pour cent, le niveau le plus élevé depuis 2001.

L’attention s’est toutefois portée sur le moment où la banque centrale commencera à baisser les taux d’intérêt, compte tenu des progrès marqués dans la maîtrise de l’inflation et du ralentissement de l’économie. De nombreux analystes avaient évoqué la réunion d’avril de la BdC comme le début potentiel d’une baisse des taux.

Mais une récente vague de données économiques solides a contraint de nombreux économistes et investisseurs à repousser leurs dates de début au milieu de l’année. Les analystes de Desjardins et de Marchés des capitaux CIBC prévoient quant à eux moins de baisses de taux cette année que précédemment.

« Les données d’aujourd’hui confirment que la Banque ne sera pas pressée de réduire les taux d’intérêt », a déclaré Andrew Grantham, économiste principal à la CIBC, dans une note client.

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