L’économie canadienne reprend son élan, augmentant les chances d’un atterrissage en douceur

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Les gens font leurs achats au Centre Eaton de Toronto sur cette photo d’archives.Tibor Kolley/le Globe and Mail

L’économie canadienne s’est accélérée jusqu’à la fin de l’année dernière et a semblé sortir d’une période de stagnation provoquée par des taux d’intérêt restrictifs.

Le produit intérieur brut réel a augmenté de 0,2 pour cent en novembre, dépassant une estimation précédente de 0,1 pour cent, a annoncé mercredi Statistique Canada dans un rapport. Dans une estimation préliminaire, l’agence a indiqué que l’économie s’était accélérée pour atteindre un gain de 0,3 pour cent en décembre.

Le rapport sur le PIB suggère que l’économie canadienne a connu une croissance annualisée d’environ 1 pour cent au quatrième trimestre, rebondissant après une contraction au trimestre d’été. Statistique Canada publiera le 29 février des chiffres plus complets sur la performance du quatrième trimestre, et ces chiffres varient souvent considérablement de ceux publiés sur une base mensuelle.

Avec des taux d’intérêt à leurs plus hauts niveaux depuis 2001, l’économie canadienne était entrée dans une période de stagnation depuis environ le milieu de l’année dernière. La Banque du Canada s’attend à ce que ce scénario persiste, avec une croissance nulle au quatrième trimestre et un gain timide au début de 2024.

« Lorsque vous projetez quelque chose proche de zéro, cela pourrait être de petits points positifs, ou quelques petits points négatifs », a expliqué le gouverneur de la BdC, Tiff Macklem, lors d’une conférence de presse la semaine dernière.

Mais le rapport de mercredi suggère que l’économie a déjà retrouvé un certain élan, augmentant les chances d’un atterrissage en douceur, dans lequel l’inflation serait maîtrisée sans ralentissement significatif ni pertes d’emplois. Le taux d’inflation annuel est revenu à 3,4 pour cent et la Banque du Canada devrait commencer à réduire les taux d’intérêt d’ici le milieu de 2024.

Dans une note adressée à ses clients, l’économiste en chef de la Banque de Montréal, Doug Porter, a déclaré qu’il y avait « moins de pression sur la Banque du Canada pour qu’elle commence à réduire ses dépenses dans un avenir proche. Ce résultat solide, après une longue période de sécheresse pour la croissance, donne aux décideurs politiques la possibilité de repousser doucement les bavardages, en attendant que l’inflation sous-jacente baisse davantage.

Le rapport sur le PIB indique que la majeure partie de la croissance de novembre provenait des industries productrices de biens, qui ont bondi de 0,6 pour cent au cours du mois. Le secteur des services de l’économie a augmenté de 0,1 pour cent, malgré l’impact des grèves dans le secteur public au Québec.

La résolution des différents arrêts de travail a permis un rebond de la production. Par exemple, la fin d’une grève des employés de la Voie maritime du Saint-Laurent a contribué à une expansion de 0,8 pour cent dans l’industrie du transport et de l’entreposage en novembre.

L’industrie manufacturière a augmenté de 0,9 pour cent, aidée en partie par l’augmentation de la production des usines pétrochimiques après des arrêts pour maintenance. Les industries d’extraction de ressources ont connu une croissance de 0,3 pour cent, tandis que l’industrie pétrolière et gazière a connu une croissance de 1,5 pour cent.

« Puisque ces secteurs sont fortement influencés par les exportations, il semble que la résilience surprenante de l’économie américaine se répercute effectivement sur certains secteurs au Canada », a déclaré M. Porter.

L’économie américaine a récemment enregistré des chiffres de croissance robustes, défiant les prédictions largement répandues selon lesquelles elle succomberait à des taux d’intérêt plus élevés et entrerait en récession. Les États-Unis ont connu une croissance annualisée de 3,3 pour cent au quatrième trimestre, sur la base d’une estimation préliminaire publiée la semaine dernière, et de 4,9 pour cent au troisième trimestre.

Les consommateurs américains contribuent à stimuler la croissance économique, en dépensant massivement dans les restaurants et les hôtels, entre autres domaines. Les consommateurs américains sont considérés comme moins sensibles aux taux que leurs pairs canadiens, en raison des prêts hypothécaires sur 30 ans qui permettaient aux propriétaires de bénéficier de taux d’intérêt bas avant que la Réserve fédérale ne commence à resserrer les conditions de prêt.

Au Canada, le ratio du service de la dette des ménages a atteint un niveau record, avant même que de nombreuses personnes ne fassent face aux conséquences des renouvellements hypothécaires. La consommation par habitant est en baisse, et la Banque du Canada s’attend à ce que cette tendance se poursuive à court terme.

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