Opinion: Pierre Poilievre se met au travail avec une Bay Street qu’il dédaigne

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Pour remédier au manque chronique de personnel du système de santé, le chef conservateur Pierre Poilievre a proposé de certifier les médecins et infirmières immigrants dans un délai de 60 jours, plutôt que l’attente moyenne actuelle de deux ans.Justin Tang/La Presse Canadienne

Vendredi, le chef conservateur fédéral Pierre Poilievre a ouvert son discours devant les dirigeants de Bay Street en exprimant son mépris personnel pour Bay Street.

C’était aussi gênant que cela puisse paraître. Et un peu riche venant d’un politicien fraîchement sorti d’une collecte de fonds organisée par les dirigeants du courtier en valeurs mobilières Canaccord Genuity Group Inc.

Heureusement pour toutes les personnes concernées, l’homme politique susceptible de devenir le prochain premier ministre a terminé son discours devant une salle comble à l’Institut CD Howe, sonnant ainsi comme étant celui d’un premier ministre.

Pour remporter une élection, M. Poilievre va clairement continuer à dénigrer les élites perçues et à jouer au populiste. Pour diriger réellement le pays, le chef conservateur devra proposer de nouvelles idées – et une acceptation rafraîchissante de la responsabilité. Et c’est exactement ce qu’il a fait, suscitant de nombreuses salve d’applaudissements de la part d’un public d’affaires au départ sceptique.

Le mépris de M. Poilievre à l’égard de Bay Street semble enraciné dans l’idée selon laquelle une foule dont la décision la plus difficile en matière de nourriture est de choisir entre manger de la morue ou du poulet au buffet du CD Howe est déconnectée de ce qu’il appelle « l’enfer » auquel sont confrontés les Canadiens de la classe ouvrière. , qui sont du mal à mettre les repas sur la table. Cela semblait condescendant, voire offensant.

Nommez un problème social auquel le Canada est confronté : le logement, les soins de santé, la sécurité alimentaire, la couverture des télécommunications rurales et autochtones. Vendredi, M. Poilievre se tenait devant une salle remplie de dirigeants travaillant à résoudre les problèmes, en tant que dirigeants de banques, d’hôpitaux, d’épiceries et de régimes de retraite, ainsi qu’en tant qu’investisseurs dans les infrastructures.

Un homme politique favorable aux entreprises et dont le programme politique est celui d’un gouvernement en diminution aura besoin que le secteur privé fasse bien plus. Alors pourquoi s’aliéner les PDG ?

Il faut reconnaître que M. Poilievre a passé la seconde moitié de son discours à donner des exemples concrets de la façon dont il prévoit améliorer le fonctionnement du pays. Il a un plan pour son premier jour en tant que Premier ministre, ses 100 premiers jours et ses quatre premières années.

Pour construire davantage de logements, un gouvernement conservateur s’associerait avec les provinces et lierait les municipalités transferts pour atteindre les objectifs en matière de mises en chantier. Pour remédier au manque chronique de personnel du système de santé, M. Poilievre a proposé de certifier les médecins et infirmières immigrants dans un délai de 60 jours, plutôt que l’attente moyenne actuelle de deux ans. Pour maîtriser les déficits, le coût de tout nouveau projet devrait être assorti d’une réduction des dépenses d’une ampleur similaire.

Pour renforcer à la fois le secteur pétrolier et la position du pays auprès de ses alliés en manque d’énergie en Asie et en Europe, un gouvernement Poilievre supprimerait les obstacles réglementaires aux pipelines et aux terminaux de gaz naturel liquéfié. Il y a une analyse détaillée de la politique énergétique qui sous-tend la phrase de M. Poilievre « supprimer la taxe sur le carbone ».

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Pour la foule de Bay Street, le chef conservateur a également rassuré ce qu’il n’a pas dit. M. Poilievre n’a pas mentionné les crypto-monnaies ni les vaccinations contre la COVID-19. Il n’a pas menacé de congédier l’actuel gouverneur de la Banque du Canada. Il s’en est tenu à des critiques justifiées à l’égard des politiques du gouvernement fédéral qui ont permis à l’inflation et aux déficits de monter en flèche.

Dans le dernier acte de l’événement, M. Poilievre a mis de côté son scénario pour répondre aux questions. Un dirigeant du secteur de l’aérospatiale a demandé son avis sur la décision du gouvernement fédéral d’attribuer un contrat de 10,4 milliards de dollars pour des avions de patrouille maritime au géant américain de la défense Boeing Co. Cette décision a provoqué la colère des partisans d’un avion rival fabriqué au Canada, construit par la société montréalaise Bombardier. Inc.

Plutôt que de simplement critiquer les libéraux fédéraux pour avoir choisi un camp, M. Poilievre a utilisé cette question pour montrer son respect pour l’argent des contribuables. Il a reconnu il n’en savait pas assez sur le contrat Boeing pour exprimer un point de vue éclairé, un signe d’humilité bienvenu.

Il a ajouté que depuis des générations, les gouvernements de toutes allégeances politiques ont gâché leurs achats : des milliards de dollars ont été gaspillés, avec peu de responsabilités. Il s’est engagé à faire mieux pour le public et pour ceux qui servent dans les forces armées.

M. Poilievre ne soutiendra jamais publiquement Bay Street. Son stratagème s’adresse aux riches. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas entretenir de relations avec les PDG et comprendre comment pensent les chefs d’entreprise. Après avoir rompu le pain au CD Howe, le chef de l’opposition officielle est mieux préparé pour son prochain emploi à Ottawa.

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