Sondage d’économistes : la Banque du Canada attendra au moins jusqu’en juin avant de réduire ses taux

La Banque du Canada attendra au moins jusqu’en juin pour abaisser son taux directeur car les pressions sur les prix restent fortes, selon une forte majorité d’économistes interrogés dans un sondage Reuters, qui ont déclaré que le moment de la première baisse pourrait être plus tard que prévu.

Malgré le ralentissement de l’économie dû aux hausses de taux de 475 points de base de la Banque du Canada, les progrès en matière d’inflation sont restés inégaux. Les dernières données montrent que les prix à la consommation ont augmenté de 3,4% sur un an le mois dernier, contre 3,1% en novembre, au-dessus de l’objectif de la banque centrale de 1 à 3%.

Ceci, conjugué aux salaires élevés et à l’inflation sous-jacente élevée, a affaibli les arguments en faveur d’une baisse précoce des taux. Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a indiqué le mois dernier qu’une « dynamique baissière soutenue » de l’inflation sous-jacente était nécessaire pour un pivotement.

Les 34 économistes s’attendaient à ce que la Banque du Canada maintienne son taux directeur au jour le jour à 5,00 % le 24 janvier et en mars, et environ les deux tiers, soit 22 des 34 personnes interrogées, prévoyaient que ce serait en juin ou plus tard avant que la banque centrale ne réduise ses taux.

Les 12 autres prévoyaient une première baisse des taux en avril, conformément aux attentes du marché.

Comment les économistes et les paris du marché en faveur d’une réduction des taux de la BdC réagissent aux données sur l’inflation au Canada

« Après avoir fait allusion à une pause dans le cycle de resserrement au début de 2023, la Banque a été contrainte de revenir sur sa décision après que l’inflation s’est révélée tenace et que le marché immobilier a repris vie », a déclaré Sal Guatieri, économiste principal à BMO Marchés des capitaux.

« La Banque ne commettra plus cette erreur. De plus, changer de cap prématurément risque de perdre en crédibilité si l’inflation reste supérieure à l’objectif.»

Une forte majorité de 76 % des économistes, soit 13 sur 17, qui ont répondu à une question supplémentaire, ont déclaré que le moment de la première baisse des taux serait probablement plus tard que prévu. Seulement quatre l’ont dit plus tôt.

Les médianes de l’enquête ont montré que la Banque du Canada réduirait ses taux de 100 points de base cumulés cette année pour les porter à 4,00 %, soit le même niveau que les prix du marché, 13 personnes sur 34 s’attendant à ce que le taux soit inférieur à celui-ci d’ici la fin de 2024 et sept s’attendent à un taux plus élevé.

Ces prévisions étaient inférieures aux prévisions du marché d’environ 150 points de base de réduction des taux par la Réserve fédérale américaine, qui bénéficie du soutien de conditions économiques plus favorables que celles de la BdC.

Douze des 15 économistes ont déclaré que l’ampleur des réductions de taux décidées par la BdC cette année serait probablement inférieure à ce qu’ils prévoyaient. Trois ont dit plus gros.

« Même s’il est prouvé que la hausse des taux d’intérêt au Canada a permis de freiner la croissance des prix, les responsables de la BdC sont restés prudents avant de conclure que suffisamment de mesures ont été prises », a déclaré Claire Fan, économiste à RBC.

« Les attentes d’inflation à court terme parmi les consommateurs restent relativement élevées. Et les conséquences d’un assouplissement trop précoce sont encore trop importantes pour être ignorées.»

Même si l’inflation devrait ralentir au cours des prochains trimestres, elle devrait rester supérieure à 2 % – le point médian de l’objectif de la banque centrale – au moins jusqu’en 2026.

Malgré des risques géopolitiques accrus, 11 économistes sur 15 estiment que le risque d’une résurgence significative de l’inflation au cours des six prochains mois est faible.

Les perspectives d’inflation étaient conformes à la dernière enquête auprès des entreprises de la Banque du Canada, qui montrait également que 61 % des consommateurs s’attendaient à une récession au cours de l’année à venir, les taux d’intérêt élevés affectant les dépenses de consommation.

Mais les perspectives de croissance du sondage Reuters dressent un meilleur portrait de l’économie canadienne.

Après une contraction de 1,1 % au troisième trimestre, l’activité économique devrait avoir augmenté de 0,6 % au dernier trimestre. La croissance devrait atteindre en moyenne 0,5 % cette année, soit un taux inférieur à celui de 1,1 % de l’année dernière, avant de rebondir à 2,0 % en 2025.

Seule une poignée d’économistes s’attendaient à une récession en 2024.

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