Éditorial du Globe : Ramenons le programme canadien pour étudiants étrangers en classe

Lorsqu’Ottawa a informé le gouvernement de la Colombie-Britannique des réductions importantes du nombre d’étudiants internationaux autorisés à venir dans la province cette année, la réaction du premier ministre David Eby a révélé beaucoup de choses sur le désamarrage du Programme des étudiants internationaux.

M. Eby demande à Ottawa de laisser à sa province une certaine latitude pour contourner le nouveau plafond, car il s’inquiète de la capacité de la Colombie-Britannique à continuer d’utiliser le programme pour répondre aux besoins du marché du travail de la province.

Plutôt que de se concentrer sur l’attraction des étudiants les plus brillants au Canada, le gouvernement de la Colombie-Britannique s’inquiète de protéger son offre de nouveaux travailleurs pour les établissements de soins de longue durée et les garderies, ainsi que pour les métiers spécialisés tels que – a suggéré le premier ministre – les chauffeurs de camion.

Le Canada est depuis longtemps une destination pour les étudiants postsecondaires internationaux, leur promettant une éducation de classe mondiale qui renforce nos propres objectifs : attirer les jeunes esprits les plus brillants du monde entier pour étudier aux côtés des Canadiens, partager leurs cultures et établir des liens internationaux. Souvent, ces étudiants restent et construisent leur vie professionnelle ici.

Mais des éléments de ce programme à croissance rapide ont été réorientés. Une partie de cet objectif a été obtenue grâce à des collèges privés vendant des diplômes au mérite douteux comme porte dérobée vers la résidence permanente. Mais ce sont également les gouvernements qui en sont venus à considérer le programme comme un complément au financement de l’enseignement postsecondaire, ainsi que comme un outil pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre.

Cela invite à une comparaison peu flatteuse avec le programme des travailleurs étrangers temporaires du Canada, qui offre aux employeurs canadiens un bassin de main-d’œuvre bon marché, libre de revendications salariales équitables.

Le nombre d’étudiants internationaux au Canada a augmenté ces dernières années, et maintenant le gouvernement fédéral subit des pressions politiques pour réduire ce nombre en guise de baume pour la crise du logement dans les grandes villes.

Le 22 janvier, le ministre fédéral de l’Immigration, Marc Miller, a imposé un plafond immédiat au nombre de visas d’études internationaux qu’il délivre à travers le pays. L’Ontario et la Colombie-Britannique seront confrontées à de véritables défis d’adaptation, car elles comptent la plus grande proportion d’étudiants étrangers. Le plafond, dans leur cas, signifiera moins de permis d’études accordés dans ces provinces cette année.

Les deux provinces ont promis d’améliorer leur réglementation bâclée des établissements postsecondaires. Ils s’en prendront aux « mauvais acteurs » qui, selon eux, exploitent les étudiants. Mais pour y parvenir, ils devront surmonter leur dépendance à l’égard des frais de scolarité payés par les étudiants étrangers.

Ces frais ont permis aux provinces de limiter leurs dépenses publiques dans l’éducation postsecondaire sans augmenter les frais de scolarité de leurs étudiants nationaux.

Colombie britannique. par exemple, le pays impose un plafond de 2 % aux augmentations annuelles des frais de scolarité nationaux, mais aucun plafond de ce type n’existe pour les étudiants internationaux. Les frais de scolarité annuels dans la province s’élèvent en moyenne à 6 919 $ pour les étudiants canadiens; les étudiants internationaux paient en moyenne 30 480 $.

Si les provinces sont coupables d’exploiter les étudiants internationaux, Ottawa doit assumer la responsabilité de créer des opportunités pour ces mauvais traitements.

Depuis 2022, les étudiants internationaux sont autorisés à travailler à temps plein hors campus tout en poursuivant leurs études. Cette mesure a été introduite comme mesure « temporaire » pour remédier à une pénurie nationale de main-d’œuvre. M. Miller dit maintenant qu’il ramènera cela à seulement 20 ou 30 heures par semaine, pour « protéger les étudiants internationaux des situations de vulnérabilité financière et de l’exploitation ». Mais pas encore.

La réputation du Canada en tant que destination pour les meilleurs étudiants du monde entier est désormais entamée. Des dizaines de milliers d’étudiants potentiels en attente d’un permis d’études pour ce trimestre de printemps sont dans l’incertitude alors que les provinces se disputent leur part de marché.

Le programme est dans le chaos, un échec du fédéralisme, où Ottawa et les provinces ont négligé de travailler ensemble pour s’acquitter de leurs responsabilités respectives. Le programme n’aurait jamais dû être conçu pour répondre aux demandes à court terme du marché du travail en matière de chauffeurs de camion et d’éducateurs en garderie.

Le Canada peut avoir un programme d’étudiants internationaux qui brille à nouveau, si les deux niveaux de gouvernement renouent avec son objectif initial, plus élevé.

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