Opinion : Au lieu de démarrer une nouvelle entreprise, pourquoi ne pas en acheter une existante ?

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Les piétons marchant vers le sud sur la rue Yonge se dirigent vers un endroit éclairé par la lumière réfléchie par un bâtiment voisin.Fred Lum/le Globe and Mail

Scott Stirrett est le fondateur et chef de la direction de Venture for Canada.

Confrontées à un raz-de-marée de départs à la retraite, de nombreuses petites entreprises canadiennes risquent de disparaître à moins qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs ne se mobilise pour perpétuer leur héritage.

Une étude menée par la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) a révélé que 76 pour cent des propriétaires de petites entreprises envisagent de se retirer de leur entreprise au cours de la prochaine décennie, ce qui représente un transfert potentiel de plus de 2 000 milliards de dollars d’actifs commerciaux. Si ces entreprises ne sont pas vendues, elles risquent de faire faillite, ce qui entraînerait des milliards de dollars de pertes économiques et la destruction d’innombrables emplois.

Bien qu’il existe des milliers d’organisations à travers le pays qui s’efforcent d’aider les gens à lancer de nouvelles entreprises, le soutien aux entrepreneurs qui cherchent à acquérir des entreprises existantes est insuffisant. L’entrepreneuriat par acquisition (ETA), une stratégie dans laquelle des individus ou des groupes acquièrent et gèrent des entreprises existantes plutôt que de démarrer de nouvelles entreprises à partir de zéro, est une voie sous-estimée.

ETA sauve non seulement les entreprises d’éventuelles fermetures, mais stimule la croissance économique en revitalisant les entreprises existantes, en injectant de nouvelles idées et des capitaux. Cette approche accélère non seulement la création de richesse pour les individus, mais revigore également les économies locales grâce à la création d’emplois et à l’amélioration des pratiques commerciales.

Les jeunes entrepreneurs, avec leurs idées nouvelles et leurs connaissances technologiques, sont particulièrement bien placés pour moderniser les entreprises existantes. Par conséquent, l’ETA ne se limite pas à garantir que les petites entreprises existantes restent ouvertes ; il s’agit également de catalyser l’économie canadienne en développant les entreprises existantes. Une étude de Relay Investments, une société américaine qui investit dans les entrepreneurs qui acquièrent des entreprises, a révélé que 88 pour cent des entreprises achetées via ETA créent des emplois après avoir été acquises, et que 46 pour cent de ces entreprises ont plus que doublé leurs effectifs.

Comme le Canada compte 100 000 entrepreneurs de moins qu’il y a vingt ans, nous avons désespérément besoin de plus de gens qui choisissent de devenir entrepreneurs. Un soutien croissant à l’ETA augmentera le nombre de personnes qui poursuivent l’entrepreneuriat au Canada, ce qui augmentera la productivité du travail canadien et la croissance économique globale.

En facilitant l’acquisition d’entreprises existantes, ETA offre une voie plus accessible vers la propriété d’entreprise par rapport aux obstacles élevés liés au départ de zéro. Nous devons augmenter les investissements du Canada pour soutenir ces personnes en leur offrant une formation et un accès au capital.

Acquérir une entreprise établie signifie se lancer dans une entreprise avec une clientèle existante, des sources de revenus éprouvées et des systèmes opérationnels existants. Cela réduit les incertitudes et les défis généralement associés aux nouvelles startups, où le taux d’échec est particulièrement élevé.

ETA peut également être un outil permettant aux individus issus de communautés sous-représentées de posséder et de développer des entreprises existantes, en contournant les défis des startups. Cette approche peut accélérer la création de richesse et la réussite des entreprises, en réduisant les inégalités en offrant un accès plus équitable à l’entrepreneuriat et à ses récompenses financières.

Dans mon travail à la tête de Venture for Canada, un organisme de bienfaisance national qui aide les jeunes Canadiens à développer leurs compétences entrepreneuriales, je constate par moi-même combien de personnes désirent devenir entrepreneurs mais ne veulent pas nécessairement repartir de zéro. La promotion de l’ETA élargira le bassin de Canadiens désireux de poursuivre l’entrepreneuriat.

Pour libérer tout le potentiel d’ETA, une approche multiforme est nécessaire. Cela inclut le développement d’initiatives éducatives qui informent et inspirent les entrepreneurs potentiels sur les opportunités et les processus impliqués dans l’ETA. Une telle éducation devrait non seulement faire partie des programmes des écoles de commerce, mais également être intégrée à diverses plateformes accessibles à un public plus large.

En outre, il existe un besoin urgent d’incitations financières et de structures de soutien. Cela pourrait prendre la forme de conditions de prêt avantageuses, d’incitations fiscales ou de programmes de subventions spécialement conçus pour les entrepreneurs cherchant à acquérir et à revitaliser des entreprises existantes. Ces mécanismes financiers peuvent réduire les barrières à l’entrée et rendre le processus d’acquisition plus réalisable pour les jeunes entrepreneurs et les entrepreneurs émergents.

Aux États-Unis, les entrepreneurs peuvent accéder beaucoup plus facilement aux capitaux nécessaires pour acheter des entreprises grâce aux garanties de prêt de la Small Business Administration. Les décideurs politiques canadiens devraient envisager de créer des garanties équivalentes pour inciter les institutions financières à prêter davantage aux entrepreneurs cherchant à acheter de petites entreprises.

Le mentorat est un autre élément essentiel. La mise en place de programmes de mentorat qui mettent en relation les aspirants entrepreneurs avec des propriétaires d’entreprise et des professionnels chevronnés peut fournir des informations, des conseils et des opportunités de réseautage inestimables. Ces relations peuvent améliorer considérablement le taux de réussite des entreprises sous une nouvelle direction, garantissant ainsi une transition plus fluide et une croissance continue.

Alors que le Canada est au bord d’une crise de succession dans les petites entreprises, le moment est venu d’agir. L’entrepreneuriat par l’acquisition n’est pas simplement une bouée de sauvetage pour les petites entreprises existantes ; c’est une rampe de lancement pour une nouvelle ère de rajeunissement économique et d’innovation. En favorisant un environnement dans lequel l’ETA est non seulement possible mais encouragé, nous pouvons sauvegarder l’héritage de notre communauté de petites entreprises tout en propulsant simultanément une nouvelle génération d’entrepreneurs vers le succès.

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