Opinion : La Colombie-Britannique a besoin d’une législation plus stricte pour protéger sa biodiversité

Charlotte Dawe est la militante pour la conservation et la politique au Wilderness Committee.

Alors que la Colombie-Britannique brûle et inonde selon un cycle sans fin, il devient évident que nous avons besoin d’un changement systémique dans la façon dont les terres sont traitées. Une nouvelle loi, élaborée conjointement avec les Premières Nations, est nécessaire – une loi qui donne la priorité à la biodiversité, à la faune et aux écosystèmes en péril plutôt qu’à l’extraction industrielle.

Cela pourrait être à l’horizon.

En novembre, le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique a publié un projet de cadre pour la biodiversité et la santé des écosystèmes, une prétendue feuille de route législative donnant la priorité à la biodiversité dans tous les secteurs. Cela pourrait être un autre exercice de relations publiques de la part d’un gouvernement qui a fait plusieurs promesses non tenues en matière d’environnement, ou cela pourrait changer la donne dans la prise de décision concernant les projets industriels, en les obligeant à respecter des normes plus élevées en matière de protection des espèces en péril. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous tromper.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique accepte les commentaires sur son projet de cadre jusqu’au 31 janvier, et le cadre final sera publié ce printemps. Pourtant, il manque toujours un engagement explicite et un calendrier pour une nouvelle loi ayant le pouvoir de refuser des projets industriels incompatibles avec la protection de la biodiversité. Il n’est pas clair si une loi sera présentée avant les prochaines élections provinciales, ou pas du tout.

À l’heure actuelle, la Colombie-Britannique ne dispose d’aucun instrument juridique autonome pour évaluer les effets des projets industriels sur la biodiversité, y compris sur les espèces en péril, malgré la promesse du NPD en 2017 d’en introduire un. Au cours des années suivantes, et lors de consultations en groupe de travail avec le gouvernement, des représentants des secteurs de l’exploitation forestière, minière et d’autres industries de ressources ont plaidé pour que la province se concentre sur une gestion « écosystémique » et « adaptative » dans l’élaboration de ses politiques en matière de biodiversité.

Ces approches vagues en matière de formulation ont fait leur apparition dans le dernier projet de cadre sur la biodiversité. Si ce langage est utilisé pour façonner de futures lois sur la biodiversité, il pourrait laisser la porte ouverte à une dilution de l’intention de la loi. Dans la pratique, sans une mise en œuvre minutieuse et structurée dans la loi, ces stratégies de gestion ont en effet favorisé les industries extractives et n’ont pas réussi à construire des écosystèmes plus résilients dans diverses régions du monde. Si ce langage persiste dans l’approche de la Colombie-Britannique, sans un cadre juridique appliquant fermement les objectifs en matière de biodiversité, la province continuera probablement à donner son feu vert aux projets industriels qui ont un impact sur la biodiversité en excluant les seuils de protection et les limites permanentes des zones interdites à la destruction. En permettant aux projets industriels de se cacher derrière des termes vagues comme « gestion adaptative », la protection de la biodiversité en Colombie-Britannique continuerait d’être menacée.

Si une nouvelle loi entre en vigueur, une loi solide sur la biodiversité devrait être proactive, exécutoire, précise, sans faille et dirigée par les Autochtones. Une loi faible serait vague, réactive et continuerait à fournir des failles tout en opposant la protection des espèces aux intérêts des entreprises.

Des lignes directrices claires devraient être adoptées pour garantir que la nouvelle loi de la Colombie-Britannique protège véritablement la biodiversité vitale.

Premièrement, il doit fournir des protections exécutoires aux espèces et aux écosystèmes en péril. La biodiversité comprend la variété des espèces et le nombre d’individus au sein de chacune. Toute tentative de protection de la biodiversité doit protéger légalement les espèces en déclin afin de reconstituer les populations et de maintenir la génétique.

Le Canada et ses provinces doivent rendre les décisions en matière de gestion des terres aux titulaires de titres autochtones. La nouvelle loi sur la biodiversité de la Colombie-Britannique doit être élaborée avec le consentement des communautés des Premières Nations afin de garantir que les titres, droits, lois, connaissances, visions du monde et besoins d’autodétermination autochtones soient tous intégrés dans la loi dès le départ.

Une loi sur la biodiversité est aussi forte que son maillon le plus faible. La loi doit guider les projets compatibles avec les objectifs de biodiversité et refuser ceux qui ne le sont pas. Les processus d’examen des projets doivent être approfondis, rigides et sans exemption, encourageant intrinsèquement les propositions qui correspondent aux objectifs de biodiversité.

Une loi efficace doit intégrer l’équité pour les communautés et les travailleurs. Des endroits comme le Costa Rica ont des lois qui protègent la biodiversité tout en maximisant les avantages que les communautés reçoivent de l’extraction des ressources à proximité. Mettre fin au transfert de richesse hors des communautés est essentiel pour garantir la préservation des écosystèmes tout en garantissant la résilience des communautés.

Enfin, une loi sur la biodiversité en Colombie-Britannique doit récompenser les bons comportements plutôt que de punir les mauvais. L’un des plus grands obstacles de la Loi sur les espèces en péril fédérale est qu’elle considère les espèces en péril comme un passif plutôt que comme un actif précieux; une loi forte renverserait cette façon de penser.

La Colombie-Britannique doit montrer qu’elle prend au sérieux la biodiversité en fixant une date cible pour une nouvelle législation et en mettant en œuvre entre-temps des mesures provisoires strictes pour les espèces gravement en péril, comme la chouette tachetée du Nord ou le caribou des montagnes du Sud.

Une fois qu’une nouvelle base juridique sera en place pour donner la priorité à la biodiversité, les industries s’adapteront pour s’y intégrer. Pour faire face à cette crise, il faut une loi qui fasse fondamentalement pencher la balance des pouvoirs en faveur de la protection de la biodiversité, source de vie. C’est ce que le gouvernement néo-démocrate de la Colombie-Britannique est chargé de réaliser, et les citoyens ne doivent rien accepter de moins.

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