Opinion : Le Canada doit être plus sévère envers le crime organisé pour lutter contre le vol de véhicules

Ouvrez cette photo dans la galerie :

Le surintendant de l’ASFC, Jean-François Rainville, enlève un matelas qui servait à cacher un Toyota Sequoia volé dans un conteneur à Montréal, le 17 juillet 2014.Ryan Remiorz/La Presse Canadienne

Brian Kingston est président et chef de la direction de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules.

La récente récupération de 109 véhicules volés par le Groupe de travail provincial sur le détournement de voitures de l’Ontario souligne la gravité du problème du vol de véhicules au Canada. Les groupes du crime organisé opèrent au mépris total de la loi, en quête de profits élevés à l’étranger.

Afin de résoudre ce problème, le gouvernement fédéral a organisé jeudi un sommet national sur la lutte contre le vol de véhicules. Le succès nécessite un plan sérieux pour cibler les groupes du crime organisé et endiguer le flux de véhicules volés vers les marchés étrangers. Donner suite aux propositions pratiques du chef du Parti conservateur fédéral Pierre Poilievre, qui incluent un financement accru pour la technologie et le personnel nécessaire pour surveiller les activités dans les ports, serait un bon début.

Les taux de vol de véhicules au Canada ont toujours été proches de ceux des États-Unis, où les mêmes véhicules peuvent être trouvés sur les routes. La situation a radicalement changé pendant la pandémie, les taux de vols de véhicules au Canada ayant bondi de 27 pour cent entre 2021 et 2022, contre une augmentation de 11 pour cent aux États-Unis.

La croissance des vols au Canada s’est produite malgré des exigences réglementaires plus strictes en matière de dissuasion contre le vol pour les véhicules canadiens. Les véhicules vendus sur le marché canadien sont dotés d’une fonction d’antidémarrage de moteur intégrée, obligatoire depuis 2007. Cela empêche le moteur d’un véhicule de démarrer si une clé de contact non autorisée est utilisée.

Qu’est-ce qui explique la divergence des taux de vol entre le Canada et les États-Unis si nous disposons par défaut de systèmes de sécurité des véhicules plus sécurisés ? Pourquoi le Canada est-il devenu un pays source privilégié pour les véhicules volés?

La réponse est inquiétante.

Des groupes criminels organisés transnationaux sophistiqués ont ciblé le Canada où le risque de poursuites est faible et la récompense financière est élevée. Les profits générés par cette activité financent le terrorisme, le trafic d’êtres humains et l’achat de drogues et d’armes.

Il n’existe pas de politique unique qui éliminera le vol de véhicules. Mais les mesures suivantes peuvent être prises dès maintenant pour garantir que le Canada ne soit plus considéré comme une cible facile.

Premièrement, le Code criminel doit être renforcé afin qu’il y ait de réelles conséquences pour les voleurs de véhicules. Le vol de voiture est considéré comme un crime contre les biens et est passible de sanctions comparables à celles du vol de vélo. Selon le détective Mark Haywood, chef du bureau de la criminalité automobile commerciale de la police de Peel, une peine de six mois pour une personne reconnue coupable du vol de 15 véhicules est considérée comme une victoire pour les forces de l’ordre. Comparez cela aux États-Unis, où le vol de voiture est un crime passible de peines allant jusqu’à 15 ans. Les profits potentiels générés par le vol de voiture au Canada largement supérieur au risque de capture, de poursuite et de condamnation pour les criminels organisés.

Deuxièmement, les organismes d’application de la loi du Canada ont exprimé le besoin de consacrer davantage de fonds à la lutte contre le vol. L’annonce récente du gouvernement fédéral et de l’Ontario d’engager 121 millions de dollars pour aider à prévenir la violence liée aux armes à feu et aux gangs, y compris le vol de voitures, est un bon début qui devrait être reproduit partout au Canada. Un mécanisme dédié de signalement des vols de véhicules à l’intention du public pourrait également faciliter des mesures d’application coordonnées et accélérées.

Troisièmement, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a désespérément besoin de ressources supplémentaires. Compte tenu du volume de marchandises transitant par les ports canadiens, les responsables de l’ASFC ne sont pas en mesure de procéder à un examen physique de plus d’un petit pourcentage de conteneurs. Les investissements dans les machines d’imagerie des conteneurs et les technologies de vérification à distance du NIV contribueraient à endiguer le flux d’exportations de véhicules volés.

Enfin, une coordination politique entre les gouvernements est nécessaire pour garantir que les systèmes des véhicules restent protégés contre les voleurs. Les partisans du « droit à la réparation » font activement pression sur le gouvernement pour que les constructeurs automobiles fournissent un accès complet aux données stockées et transmises par les véhicules au-delà de ce qui est nécessaire à la réparation. Cela va directement à l’encontre des efforts des constructeurs automobiles pour assurer la sécurité des systèmes des véhicules.

Nous pouvons mettre fin au fléau du vol de véhicules. Mais pour y parvenir, il faut être plus sévère à l’égard du crime organisé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *