Opinion : Le dernier scandale des vacances de Trudeau est-il un signe qu’il a déjà vérifié ?

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Le premier ministre Justin Trudeau s’adresse aux médias lors d’une visite d’un nouveau projet de logement inclusif à Saint John, au Nouveau-Brunswick, le 17 janvier 2017. 17.Michael Hawkins/La Presse Canadienne

Le coloré député conservateur québécois Jacques Gourde a inventé un délicieux jeu de mots pour décrire les diverses explications données par le bureau du premier ministre au sujet des vacances de Noël de Justin Trudeau dans la luxueuse villa jamaïcaine d’un ami.

Mercredi, lors d’une audience du comité d’éthique de la Chambre des communes portant sur le séjour de 10 jours de M. Trudeau au complexe exclusif Prospect Estate, situé sur le site d’une plantation de canne à sucre du XVIIIe siècle, M. Gourde a utilisé une expression française dont la traduction anglaise signifie approximativement « J’essaie de nous tromper. » Mais littéralement, l’expression «Nous prendre pour des valises» se traduit par « nous prendre pour des valises ».

Vacances, valises. Vous comprenez, n’est-ce pas ?

M. Gourde a accordé un moment de légèreté au cours d’une audience par ailleurs tendue alors que les membres conservateurs du comité ont demandé la publication de toute la correspondance relative au voyage de M. Trudeau en Jamaïque entre le Cabinet du premier ministre et le Bureau du commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique. Le contenu de ces échanges est important parce que le Cabinet du premier ministre a déclaré que le voyage gratuit avait été pré-approuvé par le commissaire à l’éthique par intérim Konrad von Finckenstein, même si son bureau n’autorise généralement pas les vacances des fonctionnaires couverts par la Loi fédérale sur les conflits d’intérêts et le conflit à la Chambre. du code d’intérêt.

De plus, le Cabinet du premier ministre a fourni différentes versions de la façon dont M. Trudeau gérerait les dépenses liées à l’escapade dans les Caraïbes pour lui, son ex-épouse Sophie Grégoire Trudeau et leurs trois enfants. Il avait initialement indiqué que M. Trudeau couvrirait lui-même les coûts. Ensuite, il a déclaré que la famille séjournait « gratuitement dans un endroit appartenant à des amis de la famille ». Enfin, le Cabinet du premier ministre a déclaré que les Trudeau séjournaient « chez » des amis de la famille en Jamaïque.

M. Trudeau a ajouté à la confusion lorsque, dans sa première déclaration sur la question, il a déclaré : « Comme beaucoup de familles canadiennes, nous avons séjourné chez un ami pendant les vacances de Noël ; toutes les règles ont été respectées. Puisqu’il est probable que ses commentaires étaient un produit bien répété des experts en communication du Cabinet du premier ministre, l’absence du mot « avec » a haussé les sourcils.

Les députés demandent au commissaire à l’éthique de témoigner dans le cadre d’un examen minutieux des vacances de Trudeau en Jamaïque

De toute évidence, M. Trudeau ne dormait dans la chambre d’amis du sous-sol de personne pendant les vacances. Le National Post a estimé le coût du séjour des Trudeau au Prospect Estate, propriété de l’homme d’affaires britannique Peter Green, à 84 000 $, sur la base des tarifs en vigueur. L’entreprise de M. Green aurait probablement pu gagner ce montant en louant la même villa à des invités payants. Au lieu de cela, M. Trudeau a reçu un sacré cadeau de Noël.

Accepter des cadeaux d’amis – c’est-à-dire de vrais amis, et non des amis de complaisance – est autorisé par la loi. Mais en réalité, ce dernier scandale éthique ne se limite pas à savoir si M. Trudeau a suivi la lettre de la loi. Les multiples remaniements du Cabinet du premier ministre révèlent le manque fondamental de transparence qui est devenu le mode opératoire d’un gouvernement fatigué qui ne prétend même plus se soucier des nobles principes qu’il a juré de respecter en 2015.

Les Canadiens ont toujours su que M. Trudeau aime voyager dans les cercles d’élite. Mais dans la mesure où ils croyaient à sa promesse d’améliorer la vie des plus défavorisés d’entre nous, ils ne lui en voulaient pas.

Et s’il avait enfreint la loi en passant ses vacances de Noël 2016 sur l’île privée du milliardaire Aga Khan, aux Bahamas ? Son cœur a toujours été à la bonne place, non ? En outre, personne ne s’attendait à ce que notre célèbre Premier ministre passe ses vacances parmi la plèbe. Il était dans Vogue, pour l’amour du ciel.

Il y a cependant des limites à la volonté des Canadiens de se livrer aux goûts luxueux du premier ministre alors que des millions d’entre eux sont sans logement, mal logés ou ont du mal à payer leur loyer. Lorsque devoir renouveler son prêt hypothécaire aux taux d’intérêt actuels signifie rester pendant des années.

Épargnez-nous les phrases selon lesquelles notre premier ministre qui travaille dur mérite une pause. Les Royals britanniques savaient bien qu’ils ne devaient pas fuir Londres pendant le Blitz ; M. Trudeau devait sûrement savoir qu’évoquer un épisode de Modes de vie des riches et des célébrités ne serait pas le meilleur look pour lui en ce moment.

Après tout, sa cote de popularité est en chute libre depuis des mois. Près de six Canadiens sur dix ont désormais une opinion négative de lui, selon un récent sondage Abacus Data. Seuls 25 pour cent ont une opinion positive de lui. Les Canadiens ne l’aiment tout simplement plus.

Si vous ne le saviez pas mieux, vous pourriez conclure que l’apparente indifférence de M. Trudeau à l’égard de la perception du public à son égard est un signe qu’il a déjà, mentalement du moins, quitté Rideau Cottage. S’il avait vraiment l’intention de briguer un quatrième mandat, il ferait très attention d’éviter de donner aux Canadiens d’autres raisons de vouloir le voir partir.

Soit ça, soit il les prend juste pour des valises.

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