Opinion : L’Ontario fait quelque chose de bien en matière d’énergie renouvelable

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Le parc éolien West Pubnico Point, à Lower West Pubnico, en Nouvelle-Écosse, le 9 août 2021.Andrew Vaughan/La Presse Canadienne

Jorden Dye est le directeur de Centre des énergies renouvelables pour les entreprises-Canada. Avant de rejoindre BRC-Canada, il a travaillé à l’Institute for Environmental Sustainability de l’Université Mount Royal.

L’énergie renouvelable connaît une sorte de rajeunissement en Ontario, le gouvernement provincial ayant pris deux mesures importantes en six semaines pour relancer cette bougie d’allumage essentielle de son moteur économique.

Il s’agit de mesures visant à prospérer – et non seulement à survivre – dans un avenir fondé sur les énergies propres. Nous vivons désormais à une époque où respecter l’environnement et saisir une opportunité commerciale semblent être la même chose. Et la proposition du gouvernement Ford le mois dernier d’autoriser les entreprises à acheter de l’énergie renouvelable, suivie par l’annonce ce mois-ci de l’opérateur indépendant du système d’électricité d’acquérir 5 000 mégawatts d’énergie propre, leur permettra d’embrasser les deux faces de cette médaille.

Et pourquoi pas, alors que cette pièce récompensera les propriétaires fonciers, les municipalités et une myriade de travailleurs sur le point de trouver un emploi pour construire et exploiter ces projets d’énergie propre, sans parler des investissements et des emplois créés en faisant venir de nouvelles entreprises attirées par les énergies renouvelables ?

Les conséquences du changement climatique font la une des journaux quotidiens et un nombre croissant d’entreprises manifestent clairement leur intérêt pour l’énergie propre. Le regain d’intérêt du gouvernement de l’Ontario pour les énergies renouvelables est donc tout à fait logique.

La proposition visant à permettre aux entreprises d’acheter de l’énergie propre est une initiative d’ouverture dans le monde de l’approvisionnement en énergies renouvelables des entreprises, mais la réponse des entreprises leur donnera une victoire facile. Il y a certainement un appétit pour cela. La période de commentaires sur la proposition, qui nécessiterait un amendement législatif, s’est terminée le 17 décembre et révélera certainement un fort soutien de la part des développeurs et des acheteurs d’énergie.

Le terrain d’essai est l’Alberta, où les achats d’énergie renouvelable par les entreprises ont soutenu des investissements de 5,5 milliards de dollars depuis 2019. Le marché ouvert de l’Alberta permettait autrefois aux acheteurs et aux développeurs d’énergie solaire et éolienne de conclure facilement leurs propres accords d’énergie propre. En plus des milliards d’investissements, environ 5 900 emplois ont été créés au fil du temps.

De plus, les recettes fiscales municipales ont triplé pour atteindre 28 millions de dollars au cours des dernières années, selon notre récente analyse. Pour certaines municipalités, les recettes fiscales sur les énergies renouvelables représentent 10 pour cent, 30 pour cent et même jusqu’à 50 pour cent de leurs recettes totales de fonctionnement. Nos prévisions montrent qu’ils pourraient récolter entre 170 et 250 millions de dollars supplémentaires au cours des prochaines années.

Le gouvernement provincial de l’Alberta a récemment semé la turbulence dans cette région en imposant un moratoire de sept mois sur toute approbation de nouveaux projets et en faisant craindre de nouvelles règles inconnues à l’horizon. Il ne s’agit pas d’une simple spéculation de dire que les acheteurs d’énergies renouvelables pourraient se tourner vers d’autres juridictions, comme l’Ontario, pour dépenser leur argent. De ce point de vue, l’Ontario ne pourrait pas tomber à un meilleur moment.

Cependant, d’autres provinces commencent à offrir de la concurrence pour ces dollars liés aux énergies renouvelables. La Nouvelle-Écosse a lancé cette année son programme Green Choice, qui permettra aux clients d’acheter 100 pour cent de leur électricité à partir de sources renouvelables. Le Manitoba a publié sa feuille de route énergétique, qui comprend un objectif visant à soutenir davantage de production propre. Et la Colombie-Britannique a annoncé qu’elle lancerait l’année prochaine un appel à de nouvelles sources d’électricité renouvelable et sans émissions « pour alimenter l’économie propre croissante de la Colombie-Britannique et créer de nouveaux emplois dans toute la province ».

À mesure que les marchés des autres provinces retrouvent leur flexibilité, ils deviennent compétitifs et ces récentes mesures montrent que l’Ontario veut s’assurer de ne pas être laissé pour compte.

Qu’est-ce qui motive ce marché en plein essor ? Les entreprises savent que les contrats d’énergie renouvelable peuvent leur offrir un approvisionnement en énergie sûr et bon marché. Ils sont également poussés par la conscience, les clients et les actionnaires à adopter des objectifs environnementaux de réduction des émissions.

Stellantis, par exemple, déclare vouloir atteindre le statut zéro net d’ici 2038. Cela signifie que le constructeur automobile voudra de l’électricité provenant d’une source non émettrice de carbone, une source sur laquelle il pourra faire des déclarations claires lorsqu’il s’agira d’atteindre ses objectifs. Même si les sociétés associées à la production de véhicules électriques sont peut-être sous le feu des projecteurs ces jours-ci en Ontario, des entreprises de tous les secteurs poursuivent le même objectif, depuis les fabricants de bonbons comme Mars jusqu’aux géants de la construction comme EllisDon.

Et même si l’approvisionnement en électricité de l’Ontario est déjà à 92 pour cent sans carbone, l’Opérateur indépendant du système d’électricité affirme que d’ici moins de 30 ans, l’Ontario pourrait avoir besoin de plus que doubler sa capacité de production d’électricité. Si l’Ontario veut un avenir prospère, il faudra qu’une grande partie de la nouvelle production d’électricité soit mise en ligne. Et le gouvernement provincial semble désormais déterminé à y parvenir.

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